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Rudolf Elmer – l'homme qui a défié et exposé le coté obscur de la finance internationale

Donner l'alerte sur les pratiques anti-démocratiques, parfois criminelles des gouvernements et organisations demande un courage et un sens du devoir civic élevés. En effet, les donneurs d'alerte mettent souvent leur carrière, parfois leur vie sur la balance dans le but d'informer la société sur des pratiques qui vont à l'encontre de son intérêt et des pricipes fondamentaux de la démocratie et des droits de l'homme. En raison des conséquences possibles d'un tel acte, nous pensons qu'il est important d'avoir le retour d'expérience, les conseils et les pensées de donneurs d'alerte prominents, surtout que chacun peut se retrouver dans la position inconfortable de témoin des pratiques répréhensibles ou criminelles de son employeur. et aussi, parce que les donneurs d'alerte sont souvent la victime de campagnes de diffamation et de discréditation, à Liberté-info nous aimons donner la parole à ces individus exceptionnels, sans le biais ou la censure auxquels ils sont souvent sujets lorsqu'ils sont relayés par les médias dont l'existance repose sur des motivations économiques. Et en plus, aujourd'hui 17 septembre est la journée #OccupyWallStreet, soit une bonne occasion de parler des crimes de la finance internationale.
Un grand merci à Rudolf Elmer, qui n'a été libéré que récemment (le 25 juillet dernier) après six mois de prison, pour son temps et sa sympathie.

En vous souhaitant une bonne lecture,

   

– interview par Mehdi le 17-09-2011

- traduction par Mehdi le 03-10-2011

Monsieur Elmer, pouvez-vous nous parler rapidement de vous?

Je suis CPA (NdT: Certified Public Accountant, soit Comptable Public Certifié) ayant travaillé pour le Credit Suisse, KPMG, Julius Baer, le Chinese Noble Group et la Standard Bank for Africa. Les endroits où j'ai travaillé incluent la Suisse, New York, les Iles Cayman, le Jersey, l'Ile de Man et enfin Mauritice. Je me considère expert en business offshore car j'ai occupé des postes allant du Chief Operating Officer, Compliance Officer, Investment Manager et même concepteur d'investissements alternatifs comme les produits garantis par capital.

Quand avez-vous été témoin de comportements injustes, illégitimes et/ou illégaux au sein de votre entreprise, et en quoi ça consistait?

En travaillant aux Iles Cayman de 1994 à 2002, quand je suis devenu membre du "cercle interne", j'ai commencé à réaliser qu'il existait des pratiques opaques. Au début cela ressemblait à des structures "taxe-efficientes" liées à la Suisse et à la banque seule. Jai pensé que ce n'était pas si douteux que ça et j'avais été informé que le siège à Zurich avait un accord avec les authorités fiscales suisses. Malheureusement, ceci n'était point le cas, et la situation s'est empirée après plusieurs "deals" réalisés dans un système bancaire de l'ombre. Quand j'ai été licencié en 2003 j'ai revu en détail l'accord et les données de l'entreprise. J'étais Compliance Officer et pourtant des informations critiques étaient retenues par le management local. J'ai découvert des preuves que la Baer promouvait activement l'évasion fiscale et fournissait le secret bancaire à des clients criminels qui avaient été condamnés dans le passé à jusqu'à 15 ans de prison pour traffic de drogue et meutre. Lisez à ce sujet les articles du Guardian, Isle of Plenty et a rare glimpse into the offshore world, tous-les-deux édités par le réputé journaliste d'investigation Nick Davies.

Quelle a été votre réaction vis-à-vis de ça? En avez-vous discuté avec votre entreprise?

J'étais connu dans l'organisation à Cayman et même à Zurich comme étant un penseur critique, et j'ai discuté des problèmes avec le management dès 1998. Ils m'ont écouté, mais rien n'a vraiment changé, c'était une forme d'aveuglement intentionnel. D'un autre coté, c'était très dangereux sur une ile comme Cayman de remettre en cause l'industrie bancaire. C'est une politique de l'état, et si vous ne vous y pliez pas vous risquez de devenir un énemi de l'état. Frederic Bisze, un banquier suisse, a été brutalement assassiné dans les Iles Cayman en février 2008. Il existe d'autres histoires similaires dans les 80 autres paradis fiscaux. Vous faire remarquer dans une juridiction du secret peut devenir une question de vie ou de mort.

Quelles sont les institutions et organisations (hormis Wikileaks) que vous avez approché pour tenter de rendre ces informations publiques, et quelles ont été leurs réactions?

J'ai approché les autorités fiscales locales à Zurich, les autorités fédérales suisses et même le procureur fédéral, mais on ne m'a pas écouté. Mes plaintes furent rejetées pour des raisons étranges: j'avais dit plus haut que c'est la politique de l'état de protéger l'industrie financière. Si une enquête avait été menée, par exemple en Suisse contre UBS, Crédit Suisse, ou la banque privée la plus large, Julius Baer, ça aurait envoyé le message "les évadés fiscaux ne sont plus en sécurité en Suisse ou dans aucune autre juridiction du secret." Les clients auraient remarqué une telle enquête et auraient peut-être retiré leurs fonds. Il existe une main invisible qui protège cette industrie. Enfin, je me suis rapproché des journaux suisses, qui ont préféré écrire que le donneur d'alerte (c'est à dire moi-même) a des problèmes mentaux et/ou qu'il recherche la vengence. Leurs articles n'ont pas mentionné une seule fois les méfaits de la banque aux Iles Cayman. La tactique de représailles de la banque était claire: focaliser l'attention sur le donneur d'alerte au lieu des méfaits, salir sa réputation, le menacer, l'isoler, l'attaquer lui et sa famille physiquement et psychologiquement, paralyser sa carrière et le blacklister. Heureusement, The Guardian et Wikileaks ont révélé les méfaits de la banque au punlic.

Comment avez-vous entendu parler de Wikileaks, et comment ont-ils à votre demande d'aide lorsque vous les avez approchés?

J'ai effectué une recherche sur internet et suis tombé sur la page de Wikileaks. Je les ai contactés et ai discuté longuement avec eux car je voulais être sûr qu'ils n'utiliseraient pas l'information pour se faire de l'argent. Ceci était après que j'aie été victime de diffamation, accusations criminelles, chantage, et terreur psychologique. Wikileaks m'a sauvé. Autrement, les puissants auraient gagné dans le sens où ils m'auraient fait passer pour un fou, un criminel et recherchant seulement la vengence. Je me considère comme le pionnier qui a rendu Wikileaks mondialement célèbre dès 2008. Ce fut aussi un soulagement de voir que la liberté d'expression et de la presse existait réellement dans un pays comme les Etats-Unis où les politiciens sont très puissants.

Vous avez choisi de remettre à Wikileaks des données de façon non-anonyme, pendant un évènement public annoncé à l'avance. Quelle était votre motivation pour rendre cet acte public?

J'avais déjà mis mon nom sur la première lettre que j'avais adressé à Wikileaks. Cela donne plus de crédibilité face aux données falsifiées qui avaient été publiées. Parce que c'était un act de désobéissance civile, de mettre mon nom était nécessaire. C'était la bonne chose à faire car Wikileaks a soutenu mon combat, traduit en anglais ma plainte à la Court Européenne des Droits d l'Homme, et ont écrit l'article Is David Helvetic and Goliath a Bear? Après que j'aie tenté, pendant six ans, d'attirer l'attention du public, la société avait enfin pris connaissance de mon combat.

Après avoir choisi de donner l'alerte de manière non-anonyme, et après en avoir subi les conséquences, pensez-vous qu'il est important de pouvoir dénoncer les méfaits des gouvernements et entreprises de manière totalement anonyme?

Je pense que le mot "dénoncer" n'est pas le bon terme. Il s'agit de mettre à la lumière du jour ces méfaits. Suite à mon expérience, je pense que les méfaits devraient être révélés seulement de manière anonyme. Autrement, vous êtes persécutés. Les gouvernements et grandes entreprises font subir des choses terribles aux donneurs d'alerte et à leurs familles, utilisant tous les moyens pour les intimider. Malheureusement il n'existe aucune protection pour les donneurs d'alerte ou les gens qui recourent à la désobéissance civile. Cela est une honte, et même un crime de mon point de vue, mais c'est la réalité. Il n'est pas admissible de dire la vérité sur l'industrie financière!

Après avoir remis les données à Wikileaks à Londres, vous avez été mis en prison deux jours plus tard, le 19 janvier 2011, au moment où vous avez remis les pieds dans votre pays, la Suisse. De quoi êtes-vous accusé?

Je suis accusé d'avoir violé le secret bancaire suisse.

Vous avez été libéré seulement le 25 juillet 2011. Quelle était la raison "officielle" pour vous garder en prison pendant plus de six mois, et quelle est à votre avis la raison réelle?

La raison officielle est la violation du secret bancaire. Concernant la raison réelle je ne peux pas en parler car une enquête est toujours en cours. Cependant, j'ai le sentiment qye ma famille est devenue une sorte de victime du secret bancaire suisse.

Au contraire des gouvernements, qui peuvent être manipulés via du lobbying plus ou moins officiel, il est difficile d'imaginer comment des procureurs peuvent être manipulés par des grandes entreprises et des individus à hauts revenus (ou high net-worth individuals). Pouvez-vous nous apporter votre éclairage?

Je pense que le mot manipulation n'est pas le bon terme. Vous devez voir les choses dans un contexte plus large. Si les lois sur le secret bancaire deviennent partie intégrante de la politique de l'état pour protéger certains intérêts, alors cela devient différent. Puisque les états ont un intérêt, et que les procureurs font partie de l'état, alors ils font ce qu'ils pensent être dans l'intérêt de l'état. Il est certain que certains procureurs, et même des juges, sont conscients que les principes de la légalité de certaines actions deviennent douteux, mais l'intérêt de l'état est supérieur vis-à-vis des lois. Il s'agit d'une des choses essentielles que j'ai appris lors de mon odyssée dans les huit juridictions secrêtes où j'ai travaillé.

Quel a été le rôle des médias pendant votre calvaire?

Des médias de masse se sont intéressés à mon calvaire. Ils ont soutenu mon initiative d'une manière ou d'une autre. En tant que CPA j'aime les faits: le reporting est basé sur des faits et des figures. Dans mon cas je ne m'en soucise plus. Je sais que la règle c'est "si vous ne pouvez pas détruire la preuve, détruisez le témoin." Ceci s'est passé ainsi avec certains médias. D'autres ont rapporté les faits. Mais à partir du moment où les problèmes que j'ai soulevés sont devenus une problématique publique, que la société en parle et y réfléchit, j'estime que j'ai achevé mon but. Je suis optimiste de nature et je pense que la vérité finira par éclater; telle est ma contribution pour un monde meilleur. En tant que citoyen suisse, je suis triste que des journaux suisses aient rapporté les choses de manière négative me concernant, même si je pense que plusieurs citoyens suisses n'acceptent pas les pratiques abusives au sein de l'industire bancaire. D'un autre coté, si j'étais anglais ou américain ou autre et que j'avais soulevé les mêmes problèmes, les médias n'auraient pas rapporté les choses différemment. La majorité des médias est controlée par les puissants de ce monde.

Pensez-vous que les journalistes jouent leur rôle qui est de mener des investigations et de demander des comptes aux pouvoirs?

Certains oui, d'autres non. Un bon journalisme d'investigation coûte cher, de même que d'éduquer la société quant au mode opératoire des puissantes institutions financières, des conglomérats de multinationales et des individus à hauts revenus. Les journalistes devraient assumer la responsabilité sociale qui découle de leur métier, comme d'autres le font!

Y a-t-il eu une enquête par les autorités suisses (ou autres) sur les possibles évasions fiscales que vousz avez tenté d'exposer?

Quelques enquêtes rendues publiques sont en cours, mais le secret fiscal, le secret bancaire et le secret professionnel ne permettent pas à la société d'apprendre qui sont les évadés fiscaux et les criminels en cours d'investigation. Une approche qui consisterait à désigner et à condamner les évadés fiscaux pourrait considérablement chnger les choses.

Quelle a été l'attitude et la réaction générale des autorités suisses envers vous?

Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être un ennemi de l'état, ma désobéissance civile n'est pas du tout appréciée. Je dis les choses franchement, et ceci crée d'énormes problèmes dans une juridiction du secret.

La Suisse est modialement considérée aujourd'hui comme étant une société avancée. Après ce que vous avez vécu, êtes-vous d'accord avec cette vision?

Je suis d'accord que c'est une société avancée, la Suisse possède beaucoup de gens formidables. Je suis convaincu qu'il y a du respect pour le travail bien fait, de la fiabilité et de la tolérance en général, mais quand il s'agit d'argent les valeurs humaines disparaissent, particulièrement dans la classe "haute". C'est la nature humaine. Mais au regard de ce que ma famille et moi avons vécu, je présume que dans un autre pays je pourrais ne plus être en vie. Ce que je ne comprends toujours pas c'est pourquoi ma famille n'a pas bénéficié du programme de protection des témoins, spécialement au vu des sommes en jeu par les évasions fiscales (plusieurs millions), à comparer au coût d'un programme de protection d'une famille. Je sais qu'il persiste des bouts de législation dépassés, mais ce comportement est récurrent dans les juridictions du secret.

Au lieu de se focaliser sur vos révélations et de tenter d'en savoir plus sur les possibles évasions fiscales et le système qui les protège, que vous avez tenté d'exposer, les médias de masse se sont plus focalisés sur vous et votre cauchemar judiciaire. "Tirer sur le messager" semble être la réaction consensuelle lorsque des citoyens tentent d'exposer les méfaits du système. Etes-vous d'accord avec cette analyse?

Il est simple et efficace de se focaliser sur la personne et son cauchemar judiciaire parce que les détails des méfaits peuvent être complexes, il n'existait pas de volonté d'aborder "la mauvaise conduite des entreprises". Il ne s'agit pas seulement d'une question politique, il s'agit d'une question économique car les institutions financières, les conglomérats multinationaux et les individus à haut revenus se font beaucoup d'argent en profitant de brêches fiscales et légales dans les juridictions du secret. Par conséquent, je suis d'accord avec votre analyse.

Les donneurs d'alertes (et même les donneurs d'alerte présumés) sont souvent victimes de campagnes de diffamation, comme Julian Assange le "tortureur de chats et violeur en série" et Bradley Manning "l'homosexuel avec des problèmes mentaux". Quelles campagnes de diffamation ont été menées contre vous et par qui?

Il y a eu et il y a toujours des campagnes de diffamation menées par Julius Baer, la Swiss Bank, les entreprises d'audit et les médias. Ca a commencé avec des enquêteurs privés qui opéraient d'une telle manière que ma famille, mes employés et mes voisins les remarquaient. C'était tout simplement du chantage public. Le harcèlement a été conduit de différentes manières, et la police et les procureurs ont fait preuve d'un aveuglement intentionnel. J'ai été diffamé, criminalisé, présenté comme étant pathologique et criminel de différentes façons. Le but était de me rendre fou et de provoquer une réaction violente de ma part, qui aurait bouclé l'affaire. Cependant, je crois en la non-violence. Un juge m'a écrit "vous êtes plus dangereux que la Faction de l'Armée Rouge ou les Brigades Rouges parce que vous utilisez l'action non-violente, vous utilisez des figures et des faits et cela fait de vous une personne dangereuse et même un ennemi de l'état."

Avez-vous vous-même et votre famille fait l'objet d'intimidations ou de menaces? Quand, par qui et sous quelle forme?

Il y en a eu beaucoup et ce n'était plus supportable. Je souffre encore de stresse post-traumatique, et ma fille connait un problème similaire. Je ne peux pas en dire plus.

Julian Assange a dit dans une interview que Wikileaks s'est vue proposer de retourner les données que vous lui aviez remis contre votre libération de prison, faisant de vous en quelque-sorte un otage. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?

Il s'agit d'une enquête en cours, par conséquent je ne peux pas faire de commentaire. Cependant, je sais que Julian Assange me soutient autant qu'il le peut et je lui en suis fort reconnaissant.

Julian Assange dit que, parce que les simples citoyens ne possèdent pas de pouvoir spécial, ils devraient être protégés par le droit à la vie privée, alors que les entités puissantes de la société (le gouvernement, les grandes entreprises) devraient être surveillées de près et faire montre de suffisamment de transparence pour éviter des abus. Quelle est votre commentaire là-dessus, et comment cela s'applique-t-il à ce dont vous avez été témoin?

Au jour d'aujourd'hui le fait est que les lois sur la vie privée comme le secret bancaire suisse protège non-seulement les simples citoyens mais surtout les institutions financières et les multinationales. Par conséquent, il n'existe aucune forme de transparence auquel seraient sujettes ces dernières. Pour éviter les abus, la transparence est une condition, pas une option. Et au-delà de la transparence il faut aussi protéger les citoyens qui exposent les abus et les crimes. Ceci aussi manque pour des raisons évidentes.
Julian Assange a raison, et si la société venait à changer cela devrait être pour des valeurs meilleures que l'argent!

A votre avis, quelle est la limite que les gouvernements et les grandes entreprises ne devraient jamais dépasser?

Le comportement criminel et les villations des droits de l'homme.

Pendant que vous étiez en prison, et en dépit de la chasse aux sorcières qu'a lancé ladministration Obama contre les donneurs d'alerte, le mouvement pour la transparence a atteint un autre niveau, avec le mouvement AntiSec, à travers lequel Anonymous et LulzSec se sont engagés à exposer les méfaits des gouvernements et grandes entreprises avec leurs moyens (i.e. le hacking et le cracking de serveurs, et l'ingénierie sociale). Aussi, plusieurs organisations reproduisant le modèle de Wikileaks ont vu le jour (HackerLeaks, LocalLeaks, BrusselsLeaks, Corporate Leaks). Que pensez-vous de ses développemens, qui reflètent une reprise du pouvoir par les citoyens grâce aux technologies de l'information?

Généralement parlant, je pense qu'il s'agit d'un bon mouvement, mais il a aussi ses propres risques. Il existe beaucouip d'information en circulation, et les citoyens ont non-seulement l'opportunité mais aussi la responsabilité de soumettre à leur jugement: est-ce une information digne de confiance, et est-elle utile et importante?
Mon souhait est que ce mouvement porte nos sociétés à un autre niveau.

L'Icelande, qui est un pays qui a traversé une crise économique et politique majeure en raison de l'opacité de son système financier qui s'est totalement effondré après la crise financière, travaille actuellement sur une loi, l'IMMI (pour Icelandic Modern Media Initiative), qui a pour but de mieux protéger les médias et leurs sources pour éviter de telles nouveaux désastres dans le futur, en rendant l'exposition de méfaits et crimes des gouvernements et grandes entreprises moins compliqués et risqués. Pensez-vous qu'une telle loi est importante au regard de votre expérience avec les systèmes financier et judiciaire?

Oui, une telle loi est extrêmement importante. Cependant, elle ne résoud pas le fait que la majorité des médias est controlée par l'industrie financière et les multinationales. Il s'agit d'une étape dans la bonne direction, mais au final ceux qui disent la vérité doivent être protégés par la société, parce que les puissants ont plusieurs moyens pour mener des représailles. Certains disent que si une telle loi voyait le jour les crises financières pourraient être évitées dans le future. Ceci est très naif. Après mon expérience, je dirais que le meilleur moyen est de pouvoir donner l'alerte de manière anonyme à travers un site donneur d'alerte crédible.

Quelle est à votre avis la plus grande barrière dans la bataille pour la transparence et la reddition de comptes, et comment la supprimer?

Il existe de nombreuses barrières. Comme l'argent, le pouvoir, le statut de certaines personnes, les intérêts des états. Une solution pourrait être que les gens se mettent à penser et agir de manière globale pour changer l'industrie financière et pour mettre l'aspect humain au centre de toutes les décisions.

Vous avez fondé un centre de conseil pour les donneurs d'alerte. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette initiative et comment des donneurs d'alerte potentiels pourraient entrer en contact avec ce centre?

Ils peuvent me contacter simplement par email. Je ne souhaite pas recevoir d'information, ce que je peux faire c'est leur dire ce qu'ils doivent prendre en considération avec de donner l'alerte: appelez-le un guide de survie. Il existe beaucoup de questions qu'un(e) donneur(se) d'alerte doit se poser avant de passer à l'acte.

Quel conseil souhaiteriez-vous transmettre à des donneurs d'alerte portentiels pour rendre leur action la plus efficace et la moins risquée possible?

Je leur recommande de donner l'alerte de manière anonyme; cependant un donneur d'alerte doit quand-même être prêt à mener une campagne contre des abus majeurs. Mais de donner l'alerte de manière anonyme n'aura peut-être pas le poids et la crédibilité nécessaire pour changer les choses!

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